En temps de crise,

la formation n’est

plus un luxe !

Au moins 750 millions d’euros disponibles pour les entreprises

Avec déjà plus de 6 millions de salariés au chômage partiel[1] et plus de 13 millions[2] de télétravailleurs confinés à domicile, la situation en France est sans précédent.

Face à cette crise sanitaire qui redessine déjà, de gré ou de force, notre économie et nos manières de travailler, le gouvernement a décidé de miser sur la formation afin d’assurer une reprise rapide, post-covid19. Mais, au-delà de presque 1 milliard d’euros engagé et du socle de formations proposé, quelle efficacité peut-on attendre des mesures annoncées ? 

I - Le Compte Personnel de Formation (CPF), un dispositif totalement sous exploité…

La stratégie du gouvernement pour préparer « l’après », repose donc principalement sur la sécurisation des emplois et le recours à la formation. Un système financé à 100% par l’Etat pour les salariés au chômage total ou partiel, plus de 150 acteurs mobilisés (universités, organismes de formation privés et publics, etc.) afin de renforcer l'offre gratuite de formation en ligne et déjà plus de 220 formations accessibles sur Pôle Emploi… Muriel Pénicaud, ministre du travail, martèle le même message depuis quelques jours : « Si vous êtes chez vous, quelle que soit la cause, n'hésitez pas. Allez vous former. C'est gratuit ![3] »

Au-delà de ces mesures exceptionnelles et temporaires, le véritable pilier de la formation en entreprise, le CPF, est pourtant toujours trop peu mobilisé. 

Actionnable par l’ensemble des salariés et crédité directement en euros depuis le 1er Janvier 2019, suite à l’adoption de la loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel, le CPF est le fruit d’une réforme importante.

Avec d’une part, un compte crédité de 500 euros tous les ans[4] et d’autre part, une application lancée fin 2019 pour donner à chacun une plus grande visibilité sur ses ressources, les collaborateurs ont désormais la main sur leur avenir et leur parcours professionnel.

Malgré cela, le dispositif peinait encore à s’imposer juste avant la crise. Le 20 février, l’application moncompteformation enregistrait, par exemple, seulement 1 million de téléchargements. Un chiffre encourageant, trois mois après son lancement… Mais bien loin des 28 millions d’ayant droit potentiellement concernés[5] !

Idem du côté des budgets mobilisés : quand les OPCA, en 2018, collectaient 941 millions d’euros au titre du CPF auprès d’un peu plus de 182 000 entreprises (représentant 14,7 millions de salariés), seulement 369 000 d’entre eux s’engageaient dans une action de formation la même année[6] et les dépenses n’atteignaient que 650 millions d’euros. Soit une différence de près de 300 millions d’euros, non utilisés !

Un scénario qui s’est, une nouvelle fois, répété en 2019 puisque sur les 900 millions d'euros disponibles, « moins des deux tiers, seulement ont été engagés par les partenaires sociaux »[7].

Sur la base d’un taux d’utilisation similaire aux deux années précédentes, et si l’on considère que nous ne sommes encore qu’au premier trimestre de l’année, une extrapolation de ces données nous permet d’imaginer que le budget disponible pour 2020 serait encore de plus de 750 millions d’euros… Et cela sans même prendre en compte les moyens supplémentaires exceptionnels débloqués par l’état en cette période de crise !

II - … Mais pourtant un atout vital pour préparer la sortie de crise

Pire encore, ces dernières années les taux de formations enregistraient une baisse du côté des personnes en recherche d’emploi de plus de 25 ans (- 1,9 %) ainsi que des actifs occupés du secteur privé (- 3,4 %)[8].

Or, et le gouvernement l’a bien compris, la formation est un enjeu de survie majeur pour les entreprises qui se doivent de préparer, dès aujourd’hui, la sortie de crise et accompagner leurs collaborateurs vers le monde du travail de demain.

Les études sont nombreuses à mettre en avant le caractère éphémère des compétences que nous pouvons maitriser actuellement : certaines expliquent que 85% des métiers exercés d’ici 2030 n’existent pas encore, et selon l’OCDE, d’ici 10 ans « 80 % des compétences fondamentales pour rester employables seront des compétences cognitives »[9]

D’autant plus que la situation actuelle accélère davantage la mutation de nos modes de travail : nouvelles formes de management, digitalisation des pratiques… Les compétences à développer ou approfondir ne manquent pas !

Profiter du ralentissement économique pour valoriser l’utilisation du CPF, en faire la promotion et encourager l’ensemble des salariés à se saisir enfin de cet outil et du budget très conséquent qui lui est attaché, est donc primordial. Très simple d’utilisation, une fois activé ce compte donne accès à un important catalogue de formations, dont de nombreuses sont accessibles à distance. Une aubaine en cette période de confinement : ce mode de formation étant davantage un levier (de maintien du lien social, de la cohésion entre équipe, de la motivation individuelle) qu’un frein à l’apprentissage.

Le CPF est donc un outil stratégique permettant d’adresser, à lui seul, les deux enjeux cruciaux de cette période que sont :

  1. Le maintien dans l’emploi d’une majorité de salariés

  2. La montée en compétence de ces derniers sur les métiers clefs de demain 

 

Le tout via des formats en distanciels qui, loin d’être sources de problèmes, affichent un potentiel presque illimité pour garantir un très bon niveau de service. L’utilisation de nouvelles technologies, couplées à des animations adaptées à la « full digitalisation » permettent en effet de garantir la valeur ajoutée de ces formations, tout en réduisant significativement leurs coûts (aussi bien d’ingénierie, d’animation, que de capitalisation) ainsi que l’empreinte carbone associée… En synthèse, un vrai bénéfice pour l’entreprise et ses salariés.

 

[1] https://www.lefigaro.fr/social/6-3-millions-de-francais-concernes-par-le-chomage-partiel-20200408

[2] https://www.nouvelobs.com/economie/20200319.OBS26298/teletravail-7-regles-pour-ne-pas-deperir.html

[3] https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/pole-emploi-le-gouvernement-prendra-en-charge-a-100-tous-les-couts-de-formation-des-travailleurs-au-chomage-partiel_3896069.html

[4] Exemple d’un salarié ayant effectué une durée de travail supérieure ou égale à la moitié de la durée légale ou conventionnelle du travail sur l'ensemble de l'année.

[5] https://www.usinenouvelle.com/editorial/le-compte-personnel-de-formation-cpf-en-cinq-chiffres.N932734

[6] https://www.cpformation.com/depenses-cpf-euros/

[7]  https://www.lesechos.fr/economie-france/social/compte-personnel-de-formation-des-centaines-de-millions-deuros-non-utilises-1137799

[8] https://www.cpformation.com/depenses-cpf-euros/

[9] https://www.bpifrance.fr/A-la-une/Actualites/Demain-competences-et-metiers-quels-enjeux-pour-la-formation-46813

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